En ce jour de malheur,
c'étaient les tiens et aussi tout ton entourage
qui versaient des larmes d'émotion, de tristesse et de détresse.
Au moment ultime où toute pudeur s'efface,
Où les sanglots étouffent
les moindres mots,
Où le fond prend le pas sur la forme...
Sans bruit tu es partie... tu es partie.
Et le temps s'est figé pour les tiens,
je me rappelle comme leur monde
s'est effondré,
tout ce qu'ils auraient donné pour que la terre s'arrête
de tourner pour te rendre hommage.
C'est comme si c'était hier...
Je me rappelle pour toujours je pense cette boule coincée dans la
gorge,
qui rend fou, que rien ne semblait pouvoir m'ôter...
parce qu'il
existe certains mots qu'aucune pensée, qu'aucun mot ne peut faire passer...
Reste le temps qui ne cicatrise pas les plaies,
mais peut finir pourtant par les apaiser...
Ce jour-là quelque chose flottait dans l'air...
Étrange peut-être, mais
par moments, j'aurais juré que tu étais quelque part,
tout près.
Parce qu'au-delà des larmes et des condoléances, je sentais
une force transparaître...
Une force... comme une sensation intense
dans les moments de silence...
Impossible de savoir s'il s'agissait
d'une absence ou d'une présence...
Le temps a passé... et je me suis aperçue que la terre avait continué de tourner, comme si de rien n'était...
Et moi, j'étais là, assise sur mon banc, le Cœur ivre du poids des souvenirs...
Et je les regardais bouger, j'étais au bord ou en dehors..
Plus rien ne
comptait,
je voyais les gens s'agiter, rire, se soucier ...
vivre.
Puis la tristesse a changé pour les tiens, elle s'est faite plus perverse, plus intérieure...
Personne pour comprendre cette colère, cette rancœur au fond du Cœur...
Ici-bas, c'est la peur qui domine... c'est dans le tableau du silence que l'on se terre.
Combien dans la douleur, par pudeur, par peur, n'osent plus prononcer le nom de celle qui part?
C'était un fait inacceptable, insupportable mais inéluctable...
Tu n'étais plus là, et rien ni personne ne pouvait rien y faire..
Alors, il a bien fallu accepter et puis, enfouir, pour pouvoir continuer... continuer parce que rien d'autre n'était possible.
Continuer alors que tout partout nous rappelait tes grands yeux bleus, ton visage...
Puis, encore du temps a passé...
Et je finis par comprendre petit à petit que c'est du pire que le
meilleur peut parfois jaillir...
Comme une prise de conscience que
c'est par l'existence de la nuit que celle du jour prend du sens.
Et puis, une envie... celle de vivre chaque jour comme s'il devait était
le dernier, intensément.
Essayer de saisir la quintessence de la vie,
être auprès de ceux qu'on aime,
et accorder au reste un peu moins
d'importance...
Parce qu'une vision nouvelle du superflu et de l'essentiel m'apparaît à présent comme une évidence.
C'est lorsque l'on est au pied du mur qu'un tas de petites choses que l'on
a toujours eu sous les yeux peuvent subitement devenir belles...
Et maintenant, c'est en Confiance que j'avance, habitée par ton souvenir, et peut-être ta Présence.
Nouchine,
Je ne sais pas si tu peux entendre mes confidences... si elle est une
fin ou un autre début cette Inconnue qui tient notre vie par les deux
bouts...
Mais je voudrais te remercier du fond du Cœur pour le plus beau cadeau que tu m'aies offert : ton amitié et ton Amour.
Repose en Paix...
Je t'Aime.
"Des Fleurs" - Kwal